La Syrie, un autre regard

2010

Christophe Gillot, photographe, et Laurence Gillot, historienne et Docteur en Sciences, posent un autre regard sur la Syrie, le berceau des civilisations. De Damas à Alep, d’Apamée à Palmyre, des églises byzantines aux hauts lieux de l’Islam, la Syrie se dévoile et se révèle par la richesse de son histoire et l’hospitalité de ses habitants. L’exposition tisse des liens entre le passé et le présent à travers une présentation de sites archéologiques habités et de scènes de vie dans les villes et les campagnes.

La Syrie évoque, en Occident, deux images contrastées. D’une part, la Syrie historique et cosmopolite, le « berceau » et le « carrefour des civilisations ». Situé au contact de l’Asie, de l’Afrique et de l’Europe, son territoire était limité au sud par les déserts d’Arabie, à l’est par l’Euphrate, à l’ouest par la Méditerranée et au nord par la chaîne du Taurus. Elle fut une terre d’échanges culturels et commerciaux intenses ainsi qu’un espace disputé et convoité par les grandes civilisations qui s’y sont succédé : les empires de Mésopotamie, les dynasties d’Égypte, d’Anatolie, de Perse, les souverains de Grèce et de Rome ont cherché à le contrôler. À cette image fondée sur le passé s’oppose une représentation médiatique et actuelle moins flatteuse : la République Arabe Syrienne (1948), un régime autoritaire, en état de guerre, dominé par un parti unique, le parti Baath, et dirigé d’une main de fer par son président, Bashar al-Assad. Bref, un État peu fréquentable.

L’exposition invite à découvrir cette double image à travers les regards croisés d’un chercheur étudiant ces questions et d’un photographe passionné de voyages. Sur la base d’un reportage réalisé en avril 2007, le projet d’exposition est guidé par un esprit d’ouverture sur la Syrie et le Moyen-Orient. Les photographies choisies retracent un parcours à travers quelques hauts lieux historiques (Damas, Alep, Bosra, Apamée, les villes mortes du Massif calcaire) du sud au nord du pays, et à l’est, dans sa steppe (Palmyre, Raqqa). Le procédé d’exposition invite à découvrir les relations entre passé et présent, entre histoire et société à travers des instantanés de ruines et d’individus. Les photographies montrent ainsi les sites archéologiques sous un angle particulier, comme des lieux vivants et publics, reflets d’une société hétérogène (populations urbaines et rurales, musulmanes, chrétiennes, bédouines, etc.). Les photographies de sites archéologiques monumentaux habités ou ravivés par des festivals côtoient ainsi celles de mosquées et des souks en activité.


Photographies : Christophe Gillot

Textes : Laurence Gillot

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